mercredi 30 janvier 2019

Paris au Grand siècle (4) : les rois bâtisseurs

L'une des façades de la bibliothèque de l'Arsenal, 1, rue de Sully, IVème arrondissement

Nicolas Courtin dans Paris Grand siècle nous explique que seuls les plus fortunés pouvaient bâtir de grands édifices. Les premiers instigateurs de ses constructions sont d'abord les rois de France qui, au XVIIème siècle s'intéressent à Paris ainsi que leurs proches collaborateurs. Le palais du Louvre que fait transformer Henri IV constitue l'exemple le plus emblématique, ou bien plus tard, la construction de l'hôtel des Invalides sous Louis XIV.
Il ne s'agit pas ici de faire l'inventaire de toutes ces constructions mais j'aborderai ici de manière différente (vu notamment de l'intérieur) quelques lieux tels que l'actuelle bibliothèque de l'Arsenal, le palais du Luxembourg et l'Institut de France avec notamment la bibliothèque Mazarine dont il nous reste des vestiges du XVIIème siècle.

Bibliothèque de l'Arsenal

1, rue de Sully, IVème arrondissement

La façade que l'on voit sur la photo ci-dessus date du XVIIème siècle mais il faut savoir que cette bibliothèque a été restaurée et transformée au XIXème siècle par l'architecte Théodore Labrouste selon le site officiel de la BNF.

Couloir du XVIIème siècle

Si aujourd'hui la bibliothèque de l'Arsenal renferme des collections de livres et de manuscrits, le bâtiment a eu diverses fonctions : ancienne résidence de maîtres de l'artillerie, couvent des Célestins… Aujourd'hui, le bâtiment appartient à la Bibliothèque Nationale de France (BNF).

Cabinet des femmes fortes

Certaines salles du XVIIème siècle sont encore visibles, telle que le Cabinet dit des femmes fortes où sont représentés des portraits d'illustres femmes telle que Marie Stuart que l'on aperçoit en haut à gauche du rideau (la dame en noir) ou bien Jeanne d'Arc au centre sur la photo ci-dessous.

Détail du Cabinet des femmes fortes

La pièce est très richement décorée, la prédominance de l'or donne à cette pièce un aspect luxueux.

Escaliers

La bibliothèque de l'Arsenal conserve également un escalier datant de l'époque où Sully y a habité (soit la fin du XVIème-début du XVIIème siècle). Divers motifs militaires sont peints dans la voûte de ces escaliers. À cette époque, le roi Henri IV aurait séjourné chez M. Sully à plusieurs reprises selon Wikipedia.

Détail du cabinet consacré à Marie de Cossé-Brissac

C'est précisément dans cette pièce qu'aurait séjourné le Vert galant, Henri IV. Cette pièce aujourd'hui reconstituée est un cabinet consacré à Marie de Cossé-Brissac, épouse du duc de la Meilleraye qui ont acquis le bien par la suite. Nous sommes ici dans une chambre type luxueuse du XVIIème siècle.

Détail du cabinet consacré à Marie de Cossé-Brissac

Sur les photos ci-dessus, on remarque un décor qui comporte essentiellement des panneaux peints sur bois inspirés du style italien. Les thèmes sur ces panneaux — qui se font face — évoqueraient des épisodes attenants aux deux familles selon un article de Claudine Chevrel consacré à la Bibliothèque de l'Arsenal dans la revue SABF en 2010 (n°185).

Détail du plafond, « le Sommeil »

Le plafond est également décoré, plus particulièrement le tableau ci-dessus qui représente le Sommeil.

Palais du Luxembourg


15, rue de Vaugirard, VIème arrondissement

Palais du Luxembourg

Selon la documentation du Sénat, le palais du Luxembourg a été construit sur la demande de Marie de Médicis, reine-mère de France, veuve d'Henri IV.

Buste de Marie de Médicis dans la salle dite du Livre d'or

Les travaux commencent en 1615 et la reine-mère vient s'y installer dès 1625. En 1631, Marie de Médicis est contrainte de quitter les lieux suite à l'épisode de la journée des Dupes.

Tenture aux arabesques située dans la salle du livre d'or

Le palais du Luxembourg demeure la propriété des Bourbons (dont le frère de Louis XIII ; Louis XIV etc.) jusqu'à la Révolution puis connaît un destin plus administratif avant d'appartenir au Sénat depuis 1958.
La salle dite du livre d'or demeure une pièce reconstituée rassemblant des panneaux ayant appartenu à Marie de Médicis dont on trouve son buste. D'autres panneaux, telle la photo ci-dessus proviendraient des appartements d'Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII au Louvre selon la documentation du Sénat.

Marie de Médicis rétablissant la paix en France

Au plafond de la pièce, on remarque un tableau au centre qui représente la reine-mère Marie de Médicis, le personnage à gauche. La protagoniste est pourvue de ses attributs royaux (couronne, sceptre) quant au personnage de droite, il s'agirait d'une incarnation de la Paix. Selon le site Internet du Sénat, ce tableau serait attribué à Philippe de Champaigne. Tout autour de cette toile figurent des portraits de sibylles.

Détail des panneaux avec miroirs dans la salle du livre d'or

L'or et le bleu du lapis-lazuli prédominent dans l'ensemble de la pièce. Des pilastres corinthiens sont richement décorés d'arabesques, ils seraient l'œuvre de Charles Errard toujours selon le site du Sénat.

Institut de France et la bibliothèque Mazarine

23, quai de Conti, VIème arrondissement

Coupole de l'Institut de France

L'Institut de France — qui regroupe aujourd'hui diverses académies dont l'académie française, l'académie des sciences… — est au départ un collège rattaché à l'Université de Paris. Selon la documentation de la bibliothèque Mazarine, cet établissement, appelé Collège des Quatre Nations a été créé sur la volonté du cardinal de Mazarin. Nous sommes à cette époque sous le règne de Louis XIV.

On fait appel à l'architecte Louis Le Vau lorsque meurt Mazarin en 1661. Une chapelle est construite notamment pour accueillir le tombeaux du défunt (photo ci-dessous). La chapelle est pourvue d'une coupole (photo ci-dessus) de forme ovoïde et est dotée de huit fenêtres situées de manière très symétrique. On peut parler ici de style classique.

Tombeau de Mazarin

De son vivant, Mazarin lègue sa bibliothèque personnelle et dès 1643 le public peut en profiter. À cette époque, la bibliothèque se trouvait dans l'actuelle bibliothèque Richelieu (58, rue de Richelieu, IIème arrondissement). À la mort du cardinal, Louis Le Vau décide de transférer la bibliothèque en face du Louvre, soit l'actuel quai de Conti. On remarque que cet emplacement n'est pas anodin car l'Institut de France et le Louvre se font face ce qui donne à ce quartier de pouvoir une certaine symétrie.

Cour qui mène à la bibliothèque Mazarine

Inspiré du style gréco-romain, la bibliothèque présente trois grandes et fines fenêtres entourées de pilastres corinthiens.

Bibliothèque Mazarine

Toujours selon la documentation de la Bibliothèque Mazarine, la salle de lecture est conforme à celle qui existait au XVIIème siècle.
On remarque sur la photo ci-dessus des colonnes corinthiennes mais pourvues de volutes ioniques et entre ces colonnes des symboles qui rappellent le cardinal notamment les faisceaux de licteur.

Porte située dans la salle de lecture

Sur les portes de la salle de lecture, on retrouve ces mêmes symboles avec de surcroît le « M » de Mazarin.

Paris au Grand siècle (5) : Les quartiers. L’île de la Cité

12, rue Chanoinesse, IVème arrondissement

Pour commencer cette balade sur l’Île de la Cité, commençons par une façade située à deux pas de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.

12, rue Chanoinesse, IVème arrondissement

Au numéro 12 de la rue Chanoinesse, vous croiserez un immeuble pourvu d'une porte qui a des allures plutôt médiévales et pourtant, nous sommes bien au XVIIème siècle nous précisent les protections patrimoniales de Paris. Néanmoins, cette bâtisse a été construite sur un ancien édifice médiéval.

Porte d'entrée du 12, rue Chanoinesse

Toujours selon les protections patrimoniales de Paris, la porte cochère daterait du XVIIème siècle.
La façade s'élève sur deux étages avec des combles au toit couvert de tuiles. On retrouve les fenêtres très fines chères au XVIIème siècle.

Autour de la place Dauphine


2, rue de Harlay, Ier arrondissement

Une façade couverte de briques et de pierres avec des arcades au rez-de-chaussée, nous sommes en plein style Louis XIII. Cette rue date de 1607 mais il est possible que cet immeuble ait été construit plus tardivement ; la base Mérimée évoque le deuxième quart du XVIIème siècle.

52, quai des Orfèvres, Ier arrondissement


Des immeubles de ce type fleurissent tout autour de la place Dauphine comme l'ont voulu Henri IV et Sully tout au début du XVIIème siècle. Malgré des remaniements au XIXème siècle, certaines façades subsistent telles que le numéro 52 du quai des Orfèvres (photo ci-dessus). Selon les protections patrimoniales de Paris cet immeuble aurait été construit entre 1611 et 1623.

Paris au Grand siècle (6) : Les quartiers. L’île Saint-Louis

Hôtel Lambert, 2, rue Saint-Louis en l’Île, IVème arrondissement

Autre île naturelle de la ville de Paris, l’Île Saint-Louis demeure aujourd'hui un quartier chic de la capitale. Selon la volonté d'Henri IV, sous le règne de Louis XIII puis pendant la régence de Marie de Médicis le quartier va connaître une forte urbanisation soit aux environs de 1620 jusqu'aux années 1640 nous précise Jacques Hillairet dans son Dictionnaire historique des rues de Paris.

L'Île Saint-Louis ne comporte aucune station de métro, il est possible d'y accéder notamment par le pont de Sully.

Hotel Lambert

2, rue Saint-Louis-en-l’Île (photo ci-dessus)

Depuis le pont de Sully, on ne peut pas passer à côté de l'hôtel Lambert tant sa façade est particulière.

Derrière les arbres, on devine une façade horizontale qui forme un coude juxtaposé d'une rotonde.

Alexandre Gady dans la sa conférence intitulée L'hôtel particulier en France, XVIème - XIXème siècle (1) signale que le mélange entre les parties octogonales et rondes est inédit à l'époque.

Détail de l'hôtel Lambert

L'historien nous précise que cet immeuble est l'œuvre de l'architecte Louis le Vau. Construit en 1642 pour le secrétaire du roi, un certain Lambert selon la base Mérimée.
Façade du n°2, rue Saint-Louis-en-l’Île

Pour accéder à l'hôtel Lambert, il faut obligatoirement passer par la rue Saint-Louis-en-l’Île qui contient un mur avec de fausses fenêtres. Les fausses fenêtres (celles de droite sur la photo) nous rappellent que nous sommes en période baroque, période où règne le trompe-l’œil.

Alexandre Gady dans sa conférence (op. cit.) précise que des boiseries et du marbre couvrent les murs de cette luxueuse demeure et que Charles Lebrun y a garni une galerie avec ses tableaux (comme à Versailles dans la galerie des glaces). Il est possible de voir des photos sur Internet de certaines salles de l'hôtel à l'époque où celui-ci appartenait encore à la famille Rothschild. Cet hôtel est la propriété du frère de l'émir du Qatar depuis 2007 et a connu un incendie qui aurait endommagé quelques vestiges des XVIIème et XVIIIème siècles.

Hôtel de Brétonvilliers

Rue Brétonvilliers et rue Saint-Louis-en-l’Île
Façade des vestiges de l'hôtel de Brétonvilliers

À droite de la rue Saint-Louis-en-l'Île (lorsque l'on vient du pont de Sully), on trouve une curieuse façade en arcade. La devanture s'élève sur trois étages et est dotée de fenêtres très hautes et fines caractéristiques du XVIIème siècle.

En fait, il s'agit ici des vestiges d'un hôtel aujourd'hui disparu conçu par Pierre Le Muet (architecte du roi depuis la régence de Marie de Médicis) et Jean Androuet du Cerceau (architecte de Louis XIII) selon Wikipedia. Les protections patrimoniales de la Ville de Paris datent l'édifice d'origine autour de l'année 1640 pour un certain Claude le Ragois de Brétonvilliers, secrétaire du conseil du roi.

Rue Saint-Louis-en-l’Île

31, rue Saint-Louis-en-l’Île

La rue Saint-Louis-en-l'Île longe la quasi-totalité de l’Île Saint-Louis. Cette rue est pourvue d'immeubles construits majoritairement au XVIIème siècle telle que cette façade que l'on voit sur la photo ci-dessus (cette adresse abrite une marque célèbre de glaces qui fait la réputation de l’Île Saint-Louis aujourd'hui, les visiteurs gourmands la reconnaîtront).

Totalement édifiée en pierre, cette façade présente des fenêtres hautes et fines avec de sobres balustrades. De simples moulures délimitent les trois étages et son toit est fait en ardoise. Il est possible que les combles ait été aménagés ultérieurement.

L’Île Saint-Louis le long des quais


Du 15 au 21 quai d'Anjou

Le nom des quais qui contournent l’Île Saint-Louis fait essentiellement référence au frère de Louis XIII Gaston d'Orléans, duc d'Anjou nous précise le spécialiste de l'histoire des rues de Paris Jacques Hillairet dans son dictionnaire. C'est un quartier très résidentiel mais le pouvoir royal s'exprime ici à travers l'odonymie.

5 quai d'Anjou

Le quai d'Anjou est truffé d'hôtels particuliers, tel le Petit Hôtel de Marigny situé au numéro 5. Selon la plaque, l'édifice daterait de 1640.
La grille qui laisse entrevoir l'intérieur nous montre une petite cour. On remarque la présence d'une terrasse qui permet d'avoir vue sur la Seine — c'est l'effet recherché pour ceux qui veulent s'y installer, selon Alexandre Gady dans sa conférence (op. cit.).

Hôtel Le Charron, 15 quai de Bourbon

Depuis le pont Marie, le pont Louis-Philippe ou bien depuis le pont Saint-Louis, vous pouvez accéder au quai de Bourbon.
Au numéro 15, vous serez frappé par une large porte de forme arrondie et de couleur rouge sombre qui contraste avec la blancheur de la pierre de taille. Au-dessus de la porte, on remarque la présence d'un mascaron à tête de satyre doté d'un coquillage sur la tête. Aux extrémités deux petites têtes de poissons décorent un discret fronton.

Nous sommes ici face à un immeuble classé monument historique selon la base Mérimée. La notice de la base, nous apprend que l'immeuble a été construit en 1637 par Sébastien Bruand pour un certain Jean Charron.

20 quai de Béthune

Sur le quai de Béthune — qui ferait référence, selon Wikipedia, à Maximilien de Béthune, duc de Sully qu'on ne présente plus — figurent d'autres hôtels particuliers dont celui du numéro 20 (photo ci-dessus).
Une porte cochère de forme rectangulaire est légèrement ombragée par un balcon. Tout comme les portes des quais celle-ci est cloutée.
Au-dessus de la porte figure un mascaron à tête féminine pourvue d'ailes et d'un collier de perles. Deux petits mascarons masculins ornent les extrémités. Selon les protections patrimoniales de la Ville de Paris, cet édifice appelé Hôtel Lefèvre a été construit en 1645 par Louis Le Vau pour un certain Antoine Lefèvre de la Barre membre du Parlement.

22, quai de Béthune

Quant à son voisin, le numéro 22 a été conçu pour le frère d'Antoine Lefèvre. La porte est quasiment semblable à celle du numéro 20. L'architecte a crée deux hôtels mitoyens pour une même famille.

Ce que l'on remarque sur l’Île Saint-Louis est la présence de balcons et de petites terrasses pour les hôtels les plus luxueux.

Paris au Grand siècle (7) : Les quartiers.Visite guidée dans le Marais du XVIIème siècle

Musée Picasso vu depuis le jardin de l'Hôtel Salé, IIIème arrondissement

S'il y a bien un lieu qui évoque le XVIIème siècle, c'est bien le Marais. Ce quartier regorge d'hôtels particuliers édifiés durant le Grand siècle. Nous allons voir ici quelques exemples de ces hôtels particuliers qui trônent au milieu de (trop) nombreux commerces.

Ce qu'il faut savoir c'est que si l'on a de la chance de se plonger en plein XVIIème siècle aujourd'hui en plein cœur de Paris, c'est grâce à une belle initiative d'opération de sauvegarde initiée par André Malraux dès 1962. La documentation de l’Institut suédois nous précise que la plupart des immeubles étaient tellement insalubres au début des années 1960 qu'on avait prévu au départ de tout raser ! L'hôtel de Marle — l'institut suédois — fait partie de ces hôtels particuliers que les rats avaient envahi et que l'on a réhabilité par la suite.

Hôtel de Beauvais

68, rue François Miron, IVème arrondissement
Porte d'entrée de l'hôtel de Beauvais

Commençons notre balade dans le sud du Marais.

Au numéro 68 de la rue François Miron vous tomberez sur un immeuble dont la très grande porte de couleur marron est pourvue de deux profils qui se font face dans un petit médaillon.

Au deuxième étage, on remarque deux énormes vases contenant des fruits en abondance.

Au-dessus de la porte, on remarque la présence d'un petit balcon. Nicolas Courtin nous dit dans son livre Paris Grand siècle que l'hôtel de Beauvais sert de lieu d'où l'on peut voir les cortèges royaux notamment sur la rue Saint-Antoine (aujourd'hui rue François Miron). L'hôtel particulier a été inauguré en 1660, année où Louis XIV arrive à Paris avec Marie-Thérèse qu'il vient d'épouser.


La façade est truffée de petits mascarons grotesques. Alexandre Gady dans sa conférence intitulée L'hôtel particulier en France, XVIème - XIXème siècle (2) évoque un style italien avec les balustrades et les visages.
Mascarons

Selon Alexandre Gady, on sait que la façade n'était pas blanche au départ. C'est au XVIIIème siècle que l'hôtel subit quelques transformations.

Cour intérieure de l'hôtel de Beauvais
À l'intérieur, ce qui nous frappe est la forme ovale de la cour avec au rez-de-chaussée de larges fenêtres, des oculi ovoïdes, des petits mascarons animaliers et une balustrade qui longe tout le premier étage. Au premier étage une monumentale fenêtre est mise en valeur par des colonnes ioniques.

Cour intérieure de l'hôtel de Beauvais
Selon l'Association pour la Sauvegarde et la Mise en valeur du Paris historique (ASMP) dans son ouvrage À la découverte du Marais, l'hôtel de Beauvais aurait été construit sur une maison médiévale dont il reste le cellier datant du XIIIème siècle (photo ci-dessous).
Cellier de l'hôtel de Beauvais

Alexandre Gady dans sa conférence (op. cit.) précise que cet hôtel regroupe carrément trois anciennes maisons.

L'hôtel de Beauvais aurait été construit par Antoine Lepautre dès 1655 pour une certaine Catherine Bellier, femme de chambre d'Anne d'Autriche.

Les mascarons animaliers (lorsqu'on s'approche de la cour) représentent des têtes de bélier, une allusion à Catherine Bellier.
Détail d'une frise de mascarons animaliers


Selon l'un des cartels de l'hôtel de Beauvais, le portrait de la propriétaire serait représenté sous l'oculus à droite de la cour intérieure.

Mascaron représentant Mme Bellier


Selon Alexandre Gady, le rez-de-chaussé contenait les écuries — d'où les larges fenêtres en face de la porte cochère — et les cuisines. Au premier étage, on trouve les pièces principales comme tout hôtel particulier.
Escalier
Antoine Lepautre a également conçu l'escalier (photo ci-dessus) qui mène aux étages supérieurs.
Détail du vestibule
Le vestibule est somptueusement sculpté. On remarque la présence de sphinges entourant le monogramme "PBC" des propriétaires.
Du vestibule à l'escalier
Le vestibule est pourvu de colonnes corinthiennes et de têtes de béliers.

En outre, on constate que l'hôtel de Beauvais a la particularité de ne pas figurer entre cour et jardin comme on a pu le constater pour la plupart des hôtels que l'on a déjà vu. Peut-être est-ce dû aux anciennes maisons regroupées qui lui donnent cet aspect si particulier. Pour mieux vous en rendre compte, n'hésitez pas à consulter la vue par satellite sur Google Maps.

Aujourd'hui, l'hôtel de Beauvais abrite la Cour d'appel de Paris.

Je vous propose de quitter la rue François Miron et de vous diriger vers l'actuelle rue Saint-Antoine en vous rapprochant de la place de la Bastille et arrêtez-vous au numéro 62.

Hôtel de Sully

62, rue Saint-Antoine, IVème arrondissement
Hôtel de Sully

Selon Nicolas Courtin dans son ouvrage Paris Grand siècle, l'hôtel de Sully constitue un véritable petit château urbain typique du style Louis XIII.

La façade sur rue (photo ci-dessus) présente une énorme porte cochère — vous pouvez le constater rien qu'en comparant avec la taille des passants — deux ailes et une terrasse au centre. Des colonnes doriques bordent la porte. Les fenêtres du premier étage sont pourvues de petits mascarons à têtes féminines et de frontons. Quand au deuxième étage, les petites fenêtres sont encadrées par des anges et une petite tête de lion.

La façade légèrement jaunie contraste avec les briques rouges de la place des Vosges située juste derrière. L'utilisation de la pierre de taille comme on le voit sur la photo va se répandre de plus en plus au détriment de la brique qui va disparaître à Paris pendant deux siècles.

Cour intérieure de l'hôtel de Sully

Cour d'honneur

L'hôtel de Sully étant ouvert au public, vous n'aurez aucun mal à y entrer.

Nous sommes ici dans la cour d'honneur. Celle-ci est entièrement pavée.

Autour du portail deux colonnes doriques sont particulièrement encastrées. À gauche de la photo ci-dessus, on devine d'anciennes écuries. À droite se trouvaient à l'origine les activités dites domestiques comme les cuisines selon la documentation du Centre des Monuments Nationaux.

Détail de la cour

Chaque fenêtre est richement décorée (présence de blé, mascarons, coquillages) : du rez-de-chaussée aux combles. La moindre lucarne est sophistiquée!

Détail de la façade sur cour: la Terre et l'Eau

Sur les façades sont édifiées des sculptures qui représentent les quatre éléments selon l'ASMP dans son œuvre À la découverte du Marais.

La photo ci-dessus nous montre, à gauche, la Terre personnifiée par une figure féminine tenant une corne d'abondance (signe de richesse). À ses pieds figure un lion. On remarque également au-dessus de cette sculpture la présence d'un sanglier.

À droite de la photo, l'Eau est représentée par la cruche qui laisse l'eau s'échapper. Le personnage féminin a les pieds dans l'eau et côtoie un poisson représenté en bas à droite. Au-dessus de la sculpture, un arc-en-ciel trône au-dessus d'une pluie battante.

Détail de la façade sur cour: l'Air et le Feu

En face de la Terre et du Feu, on trouve l'Air, à gauche avec un personnage donnant l'impression de flotter dans les nuages et un caméléon. Une sorte de plume vole au-dessus. Puis le Feu à droite où le personnage est représenté au milieu des flammes. À ses pieds, on remarque la présence d'une salamandre. Enfin, au-dessus, une main tient fermement des flammes.

Entrée de l'hôtel de Sully

Avant d'entrer dans l'hôtel de Sully, jetons un œil aux hauts-reliefs situés au-dessus de la porte.

L'Automne

Outre les quatre éléments, on trouve une allégorie des quatre saisons dont l'automne (photo ci-dessus). On reconnaît la saison qui évoque la chasse (le chien) et les vendanges (les raisins) selon l'ASMP.

En outre, on remarque la présence d'une balance située au-dessus de la sculpture. Il s'agit du signe du zodiaque.

L'Hiver

L'hiver est représenté par un vieillard s'appuyant sur un bâton avec à ses pieds un serpent.

Le Printemps et l’Été

Une fois que vous êtes entré, vous avez une vue sur un jardin à la française avant de vous y aventurer, jetez un œil à la façade derrière vous.

Deux sculptures représentent les deux autres saisons. Le Printemps est représenté à gauche par un personnage féminin, Proserpine selon l'ASMP. Une colombe est posée sur sa main, tandis que de l'autre main Proserpine tient une corne d'abondance. À ses pieds, un vase rempli de fleurs est posé au sol.

À droite, on reconnaît l’Été par la présence d'un personnage féminin certainement Cérès, déesse des moissons qui porte une faucille et du blé.

Hôtel de Sully vu depuis le jardin

À droite, on remarque la présence d'une aile tandis qu'à gauche, on a vue sur le mur mitoyen.

Mur renard

Tout comme on a pu le voir à l'hôtel de Saint-Aignan, on a affaire à un mur renard. Ce mur permet de garder une certaine harmonie. Bien sûr, à l'époque il n'y avait pas cet énorme mur de briques derrière. D'ailleurs, Alexandre Gady dans sa conférence intitulée L'hôtel particulier en France, XVIème - XIXème siècle (1) précise que les édifices n'étaient pas aussi près les uns des autres au XVIIème siècle.

Orangerie de l'hôtel de Sully

En face de l'hôtel de Sully, vous trouverez un autre pavillon. Il s'agit à l'origine d'une orangerie selon l'ASMP. Le pavillon de l'orangerie se compose cinq arcades. Au-dessus de l'arcade centrale, on remarque la présence d'un cadran solaire.

À droite, la porte vous donne un accès direct à la place des Vosges.

À l'intérieur

Je vous propose une petite visite à l'intérieur de l'édifice.

Détail du plafond

Quand vous entrez dans l'actuelle librairie, vous avez un aperçu du plafond à la française avec les solives peintes au XVIIème siècle. Nous sommes ici dans l’ancienne Grande salle de l'hôtel de Sully.

Détail du plafond avec fenêtre

Tout au fond de la boutique, on retrouve non seulement le plafond peint mais aussi le contour des fenêtres.

Décor de l'escalier d'honneur

En face de la boutique, on a vue sur l'escalier d'honneur de l'hôtel de Sully.

On y trouve une riche décoration florale mais aussi des masques.

Détail de l'escalier

La petite histoire


D'après la documentation du Centre des monuments nationaux, l'hôtel de Sully aurait été édifié en 1624 pour Mesme Gallet, contrôleur des finances.

Alexandre Gady dans sa conférence (op. cit.) nous précise que le premier propriétaire perd toute sa fortune au jeu. Sully, ancien ministre d'Henri IV achète le bien en 1634. Les descendants de Sully vendent l'hôtel (qui garde le nom de son illustre ancien propriétaire) à l'un des cousins de Turgot en 1752 selon l'ASMP.

Au XIXème siècle, l'hôtel de Sully abrite divers commerces (notamment au rez-de-chaussée) mais aussi des logements… Il est intéressant de voir à quoi ressemblait l'hôtel de Sully au début du XXème. Vous pouvez consulter la page Wikipedia consacrée à l'hôtel de Sully pour comparer.

L'hôtel de Sully est classé Monument historique en 1862 et appartient à l'Etat depuis 1944. Restauré, l'hôtel particulier devient le siège de ce qui va devenir en 2000 le Centre des monuments nationaux.

Au premier étage

Au premier étage de l'hôtel de Sully subsiste un petit appartement appartenant à Charlotte Séguier, duchesse de Sully qui a vécu au XVIIème siècle.

Chambre de la duchesse

Dans la chambre de la duchesse, on peut admirer le plafond peint par Antoine Paillet (photo ci-dessous).

Plafond de l'appartement de la duchesse

Selon le site Internet du Centre des monuments nationaux, le personnage situé au centre serait Endymion un berger de la mythologie grecque enlevé par Séléné (le personnage ailé), la déesse de la nuit. Tout autour on trouverait les signes du zodiaque. Un thème propice au sommeil…

Mur de la chambre

Toute la chambre est somptueusement décorée : des pilastres ioniques, un grand miroir, un portrait, des natures mortes, des dorures, un lustre…

Mur de la chambre

L'hôtel de Sully constitue l'exemple type de ce que pouvait être un hôtel particulier aristocratique parisien au XVIIème de par ses sculptures allégoriques et végétales et de par son décor. C'est un lieu unique en son genre : un hôtel qui abrite une librairie, un jardin et où l'on peut se reposer avant de filer vers la foule de la place des Vosges toute proche.

Hôtel Bouthillier de Chavigny

7-9, rue de Sévigné, IVème arrondissement

Façade de l'hôtel Bouthillier de Chavigny

Pour voir l'hôtel de Bouthillier de Chavigny, vous pouvez sortir de l'hôtel de Sully par la rue Saint-Antoine en vous dirigeant vers Saint- Paul et tourner à droite trois rues plus loin où vous emprunterez la rue de Sévigné.

Au numéro 9 de la rue de Sévigné, vous croiserez une façade du XVIIème siècle. La façade légèrement jaunie et sobre est constituée de pierre de taille. Le toit est fait d'ardoise. On remarque que les fenêtres sont un peu plus larges.

Partie Renaissance de l'hôtel Bouthilliers de Chavigny

Selon l'ASMP, l'hôtel Bouthilliers de Chavigny aurait été construit dès l'époque médiévale et aurait appartenu à la famille royale. Puis le domaine passe aux mains d'un certain chancelier René de Birague qui entame une reconstruction au XVIème comme on peut le voir sur la photo ci-dessus.

Selon l'historien d'art Marc Soléranski dans l'article du journal Le Point intitulé Les pompiers du Marais occupent un hôtel du XVIIème siècle (publié le 30/06/2016 par Frédéric Lewino et Rand A. Khalek) le mur dont les pilastres sont cannelés que l'on aperçoit à droite de la photo dateraient de la Renaissance.

Cour de l'hôtel de Bouthilliers de Chavigny

En 1622, le bien est acheté par Bouthilliers de Chavigny nous précise L'ASMP. Pour le mettre à son goût, le nouveau propriétaire fait appel à François Mansart en 1642. Sur sur la photo ci-dessus on voit que les pilastres du premier étage de type ionique sont lisses et des masques sont posés au-dessus des fenêtres.

Confisqué sous la Révolution, cet hôtel particulier devient le siège des Pompes funèbres avant d'appartenir à la Ville de Paris qui fait aménager une caserne de pompiers.

Selon la base Mérimée, cet hôtel particulier est classé monument historique.

Hôtel d’Angoulême (de Lamoignon)

24, rue Pavée, IVème arrondissement

Pour admirer l'hôtel d'Angoulême, il vous suffit de continuer sur la rue de Sévigné jusqu'à la rue des Francs-Bourgeois où vous tournerez à gauche. Dès que vous voyez la tourelle, vous tournez à gauche.

Tourelle de l'hôtel d'Angoulême

Lorsque vous entrez par le porche situé au numéro 24 de la rue Pavée, vous pouvez admirer un hôtel particulier construit au XVIème puis au XVIIème siècle. Le site Internet de la Ville de Paris évoque l'année 1559 pour l'année de sa construction par l'architecte Philibert Delorme.

En 1584, la propriété appartient à Diane d’Angoulême. La duchesse d'Angoulême (appelée aussi Diane de France) fait appel à un architecte — les historiens ne se sont pas mis d'accord sur l'architecte nous dit l'ASMP, il pourrait s'agir de Baptiste Androuet du Cerceau ou Thibaut Métezeau ou un autre membre de la famille de ce dernier.

Façade de l'hôtel d'Angoulême vue de la cour

Quand vous arrivez dans la cour, vous remarquez la présence de pilastres corinthiens et des frontons triangulaires. Les fenêtres sont quant à elles, fines et hautes.

Hôtel d'Angoulême à l'Est

Lorsque vous observez les différents pavillons qui composent cet hôtel particulier, vous remarquez le côté pentu des toits. On est encore dans un esprit Renaissance. On le voit aussi à travers la forme des fenêtres sur l'avant corps.
Au sommet de cet avant-corps, un fronton arrondi est richement sculpté. On y voit une tête de cerf entourée de deux personnages féminins et à gauche, on voit la tête d'un chien de chasse. Le thème de la chasse fait allusion à Diane la déesse de la chasse et à son illustre propriétaire.

Fenêtre de l'hôtel d'Angoulême

La duchesse Diane d'Angoulême transmet son hôtel particulier à son neveu, Charles de Valois, fils bâtard du roi Charles IX et de Marie Touchet que nous avons évoqué dans un précédent chapitre.

L'héritier va encore transformer l'hôtel notamment en y ajoutant la tourelle que vous avez vue en premier lieu.

Les fleurs de lys et la couronne peintes sur la fenêtre (photo ci-dessus) nous rappellent que nous sommes dans une demeure appartenant à la famille royale.

Comment l'hôtel d'Angoulême est-il devenu une bibliothèque?

Selon l'ASMP, l'hôtel devient la demeure de la famille dite Lamoignon — qui en profite pour changer le nom de l'hôtel dès 1658. Au début du XVIIIème siècle, Les Lamoignons font reconstruire le porche qui mène à la cour. Puis, un certain Antoine Moriau, grand collectionneur de livres lègue sa bibliothèque à la Ville de Paris. Le lieu se transforme en commerces et divers appartements à louer après la Révolution avant d'être racheté par la Ville de Paris en 1928. C'est en 1969 que s'installe la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris que nous connaissons encore aujourd'hui.

Cet édifice est classé monument historique selon la base Mérimée.

Hôtel de Châtillon

113, rue Payenne, IIIème arrondissement

Hôtel de Châtillon vu depuis le square Georges Caïn

La rue Payenne prolonge la rue Pavée, vous n'aurez aucun mal à la trouver.

Jetez juste un œil rapide vers cet hôtel particulier dont le mur a été peint en jaune.

Selon Wikipedia, cet hôtel particulier aurait appartenu à un certain Henry de Daillon, compte du Lude qui a vécu au XVIIème siècle. Nous n'en savons pas plus car il s'agit d'une propriété privée.

Porte d'entrée de l'hôtel de Châtillon

Et pourtant lorsqu'on observe les deux cadres avec la mention « H. RENON luminaires » gravée qui entourent la porte, on peut imaginer un ancien local artisanal et/ou commercial comme cela a été le cas de la plupart de ces hôtels particuliers au XIXème et début du XXème siècle.

Hôtel Salé

5, rue de Thorigny, IIIème arrondissement

Hôtel Salé

Autre grand hôtel particulier du Marais, l'incontournable hôtel Salé.

Tout au bout de la rue Payenne, tournez à gauche jusqu'à la place de Thorigny. Puis, prenez la rue de Thorigny.

Il est possible de visiter l'hôtel Salé dans la mesure où il abrite le musée Picasso.

Lorsque l'on entre dans la cour de l'hôtel Salé, on est frappé par la hauteur de cet hôtel particulier. On retrouve les fenêtres fines et hautes typiques du XVIIème siècle, des sphinges (photo-ci-dessous) un fronton triangulaire, un toit d'argile et des oculi.

Sphinge

Selon l'ASMP dans son livre À la découverte du Marais, l'hôtel Salé aurait été commandité en 1656 par Pierre Aubert de Fontenay proche de Nicolas Fouquet qui gère la gabelle, l'impôt sur le sel. Très vite, le lieu est surnommé « hôtel Salé » du fait des fonctions de Pierre Aubert de Fontenay et de sa riche ascension sociale mal vue à l'époque.

Le propriétaire fait appel à Jean Boullier de Bourges, proche de Louis le Vau pour construire l'édifice.

Fronton sculpté

Le fronton de la cour présente deux chiens, deux personnages féminins, deux anges et au centre des aigles. Selon la page Wikipedia consacrée à l'hôtel Salé il s'agirait des lévriers qui représentent les armoiries de la famille de Pierre Aubert de Fontenay.

Escalier d'honneur

Jusqu'à présent on a surtout vu des escaliers avec des rampes en bois. À l'hôtel Salé, les rampes sont bâties en ferronnerie.

Mur et plafond sculptés

L'hôtel Salé est truffé de hauts reliefs. L'ASMP évoque les noms de Marsy, Jacques Sarrazin et Martin Desjardins pour les sculptures. Les portraits représentent des personnages de la mythologie romaine.

Détail du salon de Jupiter

Dans le vestibule, l'architecte crée le salon dit « de Jupiter » où l'on trouve le personnage de la mythologie grecque s'appuyant sur un aigle (photo ci-dessus).

Détail du salon de Jupiter

La photo ci-dessus représente Junon accompagnée de son paon.

Ces deux personnages de la mythologie romaine sont des symboles de pouvoir selon le Dictionnaire de la mythologie gréco-romaine (Direction Annie Collognat).

Détail du salon de Jupiter

Parmi les sculptures on trouve souvent les lettres « A » et « C » qui évoquent les propriétaires, le couple Aubert et sa femme Chastelain.

Comment l'hôtel Salé est-il devenu le musée Picasso?

Pierre Aubert de Fontenay profite du bien jusqu'en 1661 car il est touché par l'affaire Nicolas Fouquet. L'hôtel Salé va devenir pendant quelque temps l'ambassade de Venise, puis racheté par des familles successives au XVIIIème siècle jusqu'à la Révolution. Au XIXème siècle, l'hôtel particulier sert de siège à l'Ecole Centrale. En 1962, la Ville de Paris achète le lieu — on est en plein « plan Malraux » et en profite pour le restaurer. Dans les années 1970, l'État envisage d'abord d'y créer un musée du costume mais suite au décès de Picasso, on crée un musée consacré à l'artiste.

Je vous propose de quitter l'hôtel Salé en tournant à gauche, rue Debelleyme puis encore à gauche, rue Vieille-du-Temple où vous pourrez admirer quelques hôtels du XVIIème siècle, tels que l'hôtel Mégret de Sérilly ou bien l'hôtel d'Hozier au 106 et 110, rue Vieille-du-Temple (photos ci-dessous) :

Hôtel Mégret de Sérilly


Hôtel d'Hozier

Hôtel d'Alméras

30, rue des Francs-Bourgeois, IIIème arrondissement

Porte d'entrée de l'hôtel d'Alméras

Je vous propose de descendre la rue Vieille-du-Temple, puis de tourner à gauche pour prendre la rue des Francs Bourgeois jusqu'au numéro 30.

Autre vestige du XVIIème siècle encore présent dans le Marais, l'hôtel d'Alméras aurait été construit vers 1611-1612 pour un certain Pierre d'Alméras, proche d'Henri IV. Le propriétaire fait appel à Louis Métezeau, l'architecte du roi pour construire son hôtel particulier.

Sur la photo, la porte cochère est décorée de chimères. L'ASMP dans son ouvrage À la découverte du Marais précise que cette porte a été remaniée au XVIIIème siècle. Toutefois, le fronton est bel et bien du XVIIème siècle.

Fronton de l'hôtel d'Alméras

Le fronton est richement décoré de têtes de béliers et de guirlandes. L'hôtel d'Alméras est typique du style Louis XIII car on retrouve l'usage de la brique et de la pierre. L'hôtel est situé entre cour et jardin comme la plupart des hôtels particuliers.