mardi 29 décembre 2020

2. Maisons de campagne : Les villages en périphérie intègrent la capitale en 1860

Villa Santos-Dumont, XVème arrondissement

Dans la première partie nous avons pu voir que les maisons de campagne étaient un phénomène social lié notamment à l'industrialisation de la capitale. Nous allons à présent nous intéresser aux lieux concernés par ces constructions atypiques et voir pourquoi ces quartiers ont échappé à l'haussmannisation puis à la « bétonnisation » du paysage parisien.

Vestiges des anciens villages

Selon l'ouvrage d'Yvan Tessier et d'Émile Chomette, Villages et faubourgs de Paris. Entre ville et campagne, ruelles tortueuses, maisons basses et jardins secrets, une ribambelle de villages situés en périphérie de Paris intègrent la capitale en 1860. Nous passons de 12 à 20 arrondissements que nous connaissons encore aujourd'hui.

Avant 1860, Paris était limitée au « Mur des fermiers généraux » où l'on pratiquait l'octroi.

Dès 1860, les nouvelles frontières de Paris se situent au niveau de « l'Enceinte de Thiers », fortification érigée en 1840.

Ces anciens villages qui intègrent la capitale possèdent encore quelques traces qui vont être en totale rupture avec l'urbanisation de Paris. C'est ce que nous allons voir dans ce chapitre.

Montmartre

Rue des Saules, XVIIIème arrondissement

Sur la photo ci-dessus se dresse au centre une maison basse aux volets bleus recouverte en partie par de la feuille de vigne. Selon le PLU, cette maison est typique de l'ancien village de Montmartre.

Au loin, on devine un immeuble haussmannien. À droite, la maison aux haies en bois constitue le cabaret Au Lapin Agile (photo ci-dessous).

Au Lapin Agile, 22, rue des Saules, XVIIIème arrondissement

La juxtaposition de ces maisons avec des immeubles et les rues pavées font le charme de ce quartier très touristique.

Le Moulin de la galette, 83, rue Lepic, XVIIIème arrondissement

Au XXIème siècle, Montmartre constitue le quartier qui a su le mieux préserver son côté village. Cette préservation fait de Montmartre un quartier qui attire énormément de touristes selon l'ouvrage de Pierre Faveton et de Bernard Ladoux, Montmartre. Pigalle et la Nouvelle Athènes.

Selon le reportage de Martin Blanchard, Montmartre, un village à Paris, on apprend que la partie champêtre de Montmartre qui a échappé le plus à l'urbanisation se trouve dans le versant nord de la butte Montmartre, soit derrière la basilique du Sacré-Cœur. Alors que le versant sud, soit la partie qui se trouve du côté des Abbesses, a connu une plus forte urbanisation avec une vue sur Paris, la Seine, etc.

Avant son annexion de 1860, Montmartre avait la particularité de ne pas pratiquer l'octroi. Ceci explique la présence de nombreuses guinguettes et autres cabarets tel que le Moulin de la Galette (photo ci-dessus) que fréquentaient les Parisiens qui venaient prendre un verre et danser.

Le moulin présent au-dessus de l'actuel restaurant constitue l'un des vestiges du village. Le PLU évoque la présence jadis de 13 moulins à Montmartre avant l'annexion.

Selon le site du restaurant, un certain Debray, meunier de profession, décide d'ouvrir une salle de bal. Le Moulin de la Galette a fait l'objet de nombreux tableaux peints par les impressionnistes installés dans le quartier.

La Maison Rose, 2, rue de l'Abreuvoir, XVIIIème arrondissement

Autre lieu typique fréquenté par les artistes durant le XXème siècle (de Maurice Utrillo à Claude Nougaro nous dit le site Internet de son actuel restaurant) : La Maison Rose. Ce lieu nous plonge au début du XXème siècle par sa façade colorée de rose et de vert.

Vignes de Montmartre (vues depuis le musée de Montmartre)

Autre particularité de Montmartre : ses vignes. Selon la documentation du musée de Montmartre, on peut attester la présence de vignes depuis le Moyen-Âge. Au début du XXème siècle, il ne reste plus grand chose et le terrain qui appartient à la Ville de Paris est destiné à l'urbanisation. Une poignée de personnes décide de sauver les quelques vignes restantes en fondant en 1933, le Clos-Montmartre.

Dans cette ambiance de plaisir où l'on aime boire du vin et faire la fête, des aristocrates fortunés se sont fait construire de riches demeures dès le XVIIIème siècle tandis que des populations de condition plus modeste venaient surtout pour y travailler, notamment au moulin ou dans les vignes.

Aujourd'hui, nous disent Pierre Faveton et Bernard Ladoux dans leur ouvrage Montmartre. Pigalle et la Nouvelle Athènes , Montmartre n'est plus un quartier populaire mais attire par son côté village. Outre le mythe du peintre jadis impressionniste qui œuvre aujourd'hui place du Tertre, ce que l'on vend aux touristes est cette « authenticité », ce village préservé de la bétonisation.

Auteuil, Grenelle, Gentilly…

D'autres quartiers de la capitale vont conserver des vestiges de leur ancien village. C'est le cas du quartier d'Auteuil (photo ci-dessous).

35, rue d'Auteuil, XVIème arrondissement

Lorsque vous déambulez dans l'actuelle rue d'Auteuil, outre les nombreux commerces, vous remarquerez les maisons basses qui jouxtent les immeubles de type haussmannien et moderne. Lorsqu'on consulte le PLU, on s'aperçoit que de nombreuses maisons de cette rue sont d'anciens vestiges d'hôtels particuliers aujourd'hui disparus. Au bout de la rue, sur la place se trouve l'église d'Auteuil construite dès 1877 afin de remplacer l'ancienne église du village.

Selon l'ouvrage d'Yvan Tessier et d'Émile Chomette, Villages et faubourg de Paris. Entre ville et campagnes, ruelles tortueuses, maisons basses et jardins secrets, on sait que le numéro 35 de la rue d'Auteuil (photo ci-dessus) abrite au dernier étage les vestiges d'une ancienne poulie qui servait autrefois à monter les charges lourdes…

Nous sommes ici dans la principale rue de l'ancien village d'Auteuil annexé en 1860. Avec le village de Passy juste à côté, ces deux villages donnent naissance au XVIème arrondissement.

En ce qui concerne la numérotation des arrondissements, les communes d'Ivry et de Gentilly devaient former le XVIème arrondissement et l'actuel XVIème devait être le XIIIème arrondissement. À l'époque, l'expression « se marier à la mairie du XIIIe » signifiait vivre en concubinage. L'ancienne commune de Passy a proposé une numérotation en escargot pour y échapper.

69, rue Violet, XVème arrondissement

Qui dit village, dit mairie. Tout près de la place du Commerce dans le XVème arrondissement se trouve l'ancienne mairie de Grenelle (photo ci-dessus).

Selon l'ouvrage de Pierre Langlois, Mémoire des rues. Paris 15ème arrondissement, le quartier autour de la rue Violet et de la place du Commerce n'est qu'une plaine abritant quelques hameaux jusqu'au XVIIIème siècle.

Deux entrepreneurs, Léonard Violet et Alphonse Letellier achètent le terrain afin d'y installer une ville nouvelle en 1823 : Grenelle (ou Beau-Grenelle comme les deux protagonistes aimaient l'appeler). Les entrepreneurs dotent la ville d'un port, créent la rue du Commerce et font construire une église. Le but de ces promoteurs est d'attirer une clientèle plutôt bourgeoise.

Détail de la façade de l'ancienne mairie

La mairie a été construite, selon le PLU, par deux architectes américains Daniel Low et Thomas Wentworth Storrow en 1825. C'est en 1842 que cette demeure de style maniériste est réaménagée par Claude Naissant pour en faire une mairie.

La base Mérimée nous précise que cette bâtisse est classée monument historique.

Square Yvette Chauviré, place du commerce, XVème arrondissement

En 1860, les villages de Grenelle et son rival voisin Vaugirard intègrent la capitale pour former le XVème arrondissement.

1 et 3, place Paul Verlaine, XIIIème arrondissement

Allons faire un tour dans l'ancien village de Gentilly et plus particulièrement place Paul Verlaine dans le XIIIème arrondissement.

Au numéro 1 se dresse une façade rose dont les fenêtres sont entourées de brique rouge. Son toit d'ardoise est pourvu de trois fenêtres en pignon. Au numéro 3, on voit une maison à tourelle. Selon l'ouvrage d'Hélène Hatte et de Valérie Rialland-Addach, Paris. Promenades dans le quartier des Gobelins et de la Butte-aux-Cailles, ces deux maisons cossues sont des vestiges de l'ancien quartier dit du « Petit-Château » du village de Gentilly.

Des terrains peu propices aux immeubles

11, rue Miguel Hidalgo, XIXème arrondissement

Le quartier « de Mouzaïa », anciennement dans le village de Belleville

Baladons-nous à présent dans le quartier appelé plus familièrement quartier « de Mouzaïa » situé dans le XIXème arrondissement.

Sur la photo ci-dessus, on peut admirer un surprenant pavillon bleu rue Miguel Hidalgo. Nous sommes dans l'ancien village de Belleville. La maison est pourvue de pierre au rez-de-chaussée et au premier étage. Au deuxième étage, on voit une frise en forme de damier en brique beige et rouge.

5, rue de la Fraternité, XIXème arrondissement

Selon l'ouvrage de Dominique Détune et de Claudine Hourcadette, Paris. Promenades dans Belleville et Ménilmontant, le quartier « de Mouzaïa » ou plus précisément, le quartier d'Amérique — son nom officiel — abritait environ 25 ha de carrières de gypse dans l'ancienne commune de Belleville. En 1907, on construit la station de métro Danube sur un viaduc car le terrain est beaucoup trop fragile.

Dans ce quartier, vous trouverez l'Œuvre de la bouchée de pain, association qui vient en aide aux plus démunis. La façade jaune a été construite par un certain Georges Dechard en 1912. Le fronton, pourvu de faïence verte, est de style Art nouveau.

Villa Sadi Carnot, XIXème arrondissement

À la fin du XIXème siècle, la qualité du terrain et son faible coût attirent une population d'employés et de petits commerçants. Les premières villas remontent à 1881. Les rues portent alors des noms de fleurs comme la villa des Lilas, puis des noms de présidents de la jeune IIIème république tels qu'Émile Loubet ou Sadi Carnot (photo ci-dessus).

3, rue de la Fraternité, XIXème arrondissement

En 1889, pour fêter le centenaire de la révolution, on crée les rues de la Fraternité (photo ci-dessus), de l'Égalité et de la Liberté (photo ci-dessous).

Toujours selon l'ouvrage Paris. Promenades dans Belleville et Ménilmontant, le pavillon ci-dessus serait inspiré de Deauville.

Rue de l'Égalité, puis au second plan, rue de la Liberté

Dans ces rues, aucun immeuble haussmannien ni aucune tour moderne. Nous sommes ici dans un authentique cocon pavillonnaire.

Villa de Lorraine (angle avec le 22, rue de la Liberté), XIXème arrondissement

Le quartier s'urbanise dans les années 1920-1930 et les maisons de type Art déco commencent à poindre (photo ci-dessus). Chaque maison possède un ou deux étages à cause du terrain ; un jardinet avant et une cour à l'arrière.

Le quartier « de Mouzaïa » est une balade très agréable, très fleurie et où l'on croise des chats. Pas loin, vous pourrez faire une petite halte au parc des Buttes-Chaumont.

Des micros-quartiers

La butte Bergeyre

90, rue Georges Lardennois, XIXème arrondissement

Une fois votre halte au parc des Buttes-Chaumont terminée, jetez un œil sur la butte Bergeyre. Ce tout petit quartier se situe à l'ouest du parc et est accessible depuis un grand escalier rue Mannin ou rue Georges Lardennois. Dans cette dernière, vous croiserez de belles bâtisses comme au numéro 90 où se trouve une façade de type deauvillaise : des colombages et une frise de faïence en forme de damier.

Au rez-de-chaussée, une marquise de tuile abrite des animaux - pour avoir accès à ce détail, vous pouvez consulter la page consacrée aux animaux de compagnie dans l'architecture parisienne (dernière photo de la page).

19, rue Edgar Poe, XIXème arrondissement

Selon l'ouvrage de Dominique Détune et de Claudine Hourcadette, Paris. Promenades dans Belleville et Ménilmontant, le micro-quartier de la butte Bergeyre constitue la seule partie des Buttes-Chaumont à ne pas avoir intégré le parc lors de sa création dans les années 1860-1870.

Au début du XXème siècle, il n'y a pas encore d'habitation car il y a un parc d'attraction appelé les Folles Buttes. Je rappelle ici que nous sommes toujours sur une ancienne carrière de gypse et qu'il est impossible d'« haussmanniser » les logements.

En 1918, on inaugure un stade olympique (en 1924, Paris accueille les jeux olympiques) que l'on nomme stade Robert Bergeyre, rugbyman attiré par le projet mais mort lors de la première guerre mondiale.

Selon l'association des habitants de la butte Bergeyre, l'entretien du stade qui demande trop d'effort dû à l'instabilité du terrain mène à la démolition de l'infrastructure dès 1925.

À cette époque, nous sommes en crise du logement et des lotissements sont construits tel que l'immeuble de style Art déco que l'on voit sur la photo ci-dessus. Ici, point de commerce, juste des habitations à deux ou trois étages, un jardin partagé et un petit espace vert.

La butte Bergeyre est un tout petit îlot ; toutefois, la visite vaut le coup d’œil car située sur une butte, vous aurez une vue magnifique sur Paris et la butte Montmartre.

La cité Florale

Cité florale

Au sein de la cité Florale, dans le XIIIème arrondissement, vous trouverez une zone pavillonnaire dans laquelle règne une ambiance campagnarde.

Rue des Glycines, XIIIème arrondissement

Ce micro-quartier de forme triangulaire est situé dans le quartier dit de la Maison Blanche. Ici, les rues sont en partie pavées et elles portent des noms de fleurs.

Façade d'une maison, rue des Glycines, XIIIème arrondissement

On remarque la présence d'une abondante végétation sur les façades, balcons et entrées. Selon Hélène Hatte et de Valérie Rialland-Addach, Paris. Promenades dans le quartier des Gobelins et de la Butte-aux-Cailles, cet ensemble immobilier a été conçu entre 1925 et 1930 par la société Aédès sur un terrain ne pouvant supporter de lourds immeubles. Ceci explique la présence de maisons faites seulement sur un ou deux étages.

Rue des Volubilis, XIIIème arrondissement

Il faut savoir que tout près de ce micro-quartier se trouvait la Bièvre. Il s'agit d'un affluent de la Seine qui existe toujours en Île-de-France. La partie parisienne qui s'étendait dans les XIIIème et Vème arrondissement a été recouverte en 1912 suite à la grande crue de 1910 selon le site d'À Nous Paris, périodique de la RATP. Sur la Bièvre et son historique, vous pouvez consulter la page Wikipedia.

Cité Florale, XIIIème arrondissement

Le constructeur a essentiellement bâti des logements où dominent la brique et les couleurs pastel telles les photo ci-dessus et dessous.

Cité Florale, XIIIème arrondissement

La maison ci-dessus est de style Art Déco avec son ornementation de couleur verte. Nous sommes en plein milieu des années 1920.

La cité Florale est une balade agréable garantie située non loin de la Butte-aux-Cailles.

Le square des Peupliers

Entrée du square des Peupliers, XIIIème arrondissement

Nous sommes toujours dans le XIIIème arrondissement et plus particulièrement dans le tout petit micro-quartier du square des Peupliers. Les rues sont pavées et l'ensemble forme un triangle.

D'après Paris. Promenades dans le quartier des Gobelins et de la Butte-aux-Cailles, l’îlot a été conçu en 1926.

Square des Peupliers, XIIIème arrondissement

Les rues particulièrement étroites sont piétonnes et offrent un havre de paix et de tranquillité.

Square des Peupliers, XIIIème arrondissement

Tout comme les autres micro-quartiers, les maisons ne sont pas très hautes, plutôt colorées et présentent une abondante végétation qui est très agréable.

Rue du Moulin-des-Prés

90, rue du Moulin-des-Prés, XIIIème arrondissement

Lorsque vous quittez le square des Peupliers, vous tomberez directement sur la rue du Moulin-des-Prés.

Entre le numéro 74bis et le 92, vous pouvez observer un bloc de maisons en pierre meulière du même type que l'on a pu voir rue des Chablis dans le premier chapitre.

D'après Paris. Promenades dans le quartier des Gobelins et de la Butte-aux-Cailles, ces maisons étaient destinées aux employés et ouvriers de la Compagnie des chemins de fer métropolitain.

77, rue du Moulin-des-Prés, XIIIème arrondissement

Ces maisons auraient été construites en 1908 et conçues pour loger les meilleurs agents et ouvriers. On remarque que certaines façades se distinguent par un avant-corps et un toit à la Flandres comme la photo ci-dessus. Ici, la pierre côtoie la brique et de la céramique bleue vient égayer la façade.

Ici, nous sommes toujours dans le quartier de la Maison Blanche, dans l'ancien village de Gentilly où tout près passait la Bièvre.

Pavillons bourgeois

17, rue du Docteur Leray, XIIIème arrondissement

Poursuivons notre balade dans l'ancien village de Gentilly.

Entre la rue du Docteur Leray et la place Jean Delay, vous croiserez quelques curiosités comme la bâtisse représentée ci-dessus.

Ici, nous avons une version plus moderne du style normand sans oublier la petite fenêtre à pignon sous les combles. Cette œuvre daterait de 1921 selon l'ouvrage déjà moult cité sur ce quartier.

Rue Dieulafoy, XIIIème arrondissement

Dans la rue Dieulafoy, vous croiserez un lotissement de maisons de même structure et colorées. Ces maisons auraient été érigées pour abriter la classe moyenne des années 1920. Nous sommes entre la villa bourgeoise et le pavillon de banlieue.

Rue Dieulafoy, XIIIème arrondissement

Selon le site Web de l'atelier Martel (cabinet d'architectes qui aurait restauré l'une des maisons en 2013), ce lotissement aurait été construit en 1921 par Henri Trésal. La mission de l'architecte de l'époque aurait été de construire une juxtaposition de maisons répondant à l'intérieur à de nouvelles normes de confort pour une population relativement aisée.

Selon ce cabinet d'architectes, les différents propriétaires au cours du XXème siècle auraient modernisé et personnalisé leurs habitations sans perdre toutefois une certaine harmonie.

La photo ci-dessus présente des maisons de différentes couleurs certes, néanmoins, chaque façade possède une entrée avec une petite marquise, les fenêtres sont reproduites à l'identique, etc. On remarque que les toits réinterprètent de manière plus moderne les toits d'ardoise typiques du XVIIème siècle.

Un petit air de ressemblance ?

Rue Santos-Dumont, XVème arrondissement

En faisant mes recherches et au fil de mes découvertes, j'ai remarqué une certaine ressemblance entre la chic rue Dieulafoy et le lotissement plus modeste de la rue Santos-Dumont dans le XVème arrondissement. Les maisons sont dupliquées, présentent un toit d'ardoise et une petite marquise vient orner certaines entrées.

Il est probable que cet ensemble soit également d'Henri Trésal. Toutefois, les façades ne sont pas colorées et ne présentent pas de jardinet. Peut-être, est-ce le standing juste en-dessous de celui de la rue Dieulafoy ?

Quittons le XIIIème arrondissement pour le XVIIème arrondissement et plus précisément dans l'ancien village de Batignolles-Monceau, quartier des Épinettes.

22, cité des Fleurs, XVIIème arrondissement

Savez-vous qu'il existe une charmante allée qui relie la rue de la Jonquière à la rue Guy Moquet ?

D'après l'ouvrage de Pierre Faveton et Bernard Ladoux, Montmartre, Pigalle et la Nouvelle Athènes, la cité des Fleurs est une rue dont les maisons ne dépassent pas les trois étages.

Lorsque vous entrez dans la cité, vous quittez le tumulte de l'avenue de Clichy toute proche pour un lieu où respire le calme. De nombreuses maisons de style néogothique et surtout néo-renaissance (comme la photo ci-dessus) bordent cette allée de 320 mètres.

Stéphanie Nedjar dans l'œuvre collective Hameaux, villas et cités de Paris nous explique que cette rue est née d'une spéculation d'Adolphe Bacqueville de la Vasserie et de Jean Edmé Lhenry, deux propriétaires du quartier des Épinettes en 1847. L'objectif de ces propriétaires est de créer un cadre harmonieux entre les différentes maisons. Des normes sont créées : même hauteur, une parfaite symétrie, un jardin obligatoire qui doit obéir à un règlement bien précis (comme l'interdiction de secouer les tapis après 10 heures du matin).

29, cité des Fleurs, XVIIème arrondissement

Selon l'ouvrage Hameaux, villas et cités de Paris, on sait que le projet est également lié aux chemins de fer puisqu'à l'époque se trouvait la gare de marchandises des Batignolles.

Lors de sa création, la cité des Fleurs est une rue campagnarde (je vous recommande la page Wikipedia qui illustre le tableau d'Alfred Sisley qui y a peint un tableau). Même s'il est question de mixité sociale avec la présence de salariés des chemins de fer, les maisons présentent un certain standing. Le numéro 29 présente une riche façade de style néo-renaissance.

29, cité des Fleurs (détail), XVIIème arrondissement

Sur la façade, on remarque la présence de sculptures représentant des anges dans un décor végétal sous le balcon. À gauche, on voit un ange enlaçant une chèvre et à droite, un ange enlace un chien. Les fenêtres sont encadrées de frises et les toits sont en ardoise. Nous sommes face à un hôtel particulier typique du style néo-renaissance. Seuls de riches propriétaires pouvaient se permettre la construction de tels édifices.

33, cité des Fleurs, détail d'une façade, XVIIème arrondissement

La majorité des maisons sont de style néo-renaissance très XIXème siècle (photo ci-dessus), toutefois on trouve exceptionnellement quelques demeures des années 1910, 1920, 1940 et 1950.

42, cité des Fleurs, XVIIème arrondissement

La photo ci-dessus présente une façade blanche pourvue de décoration en mosaïque bleue. On est plus proche du style Art déco.

Pour finir sur les pavillons bourgeois, je vous emmène à Montmartre.

Villa Léandre, XVIIIème arrondissement

La villa Léandre est une petite impasse située à proximité de la très chic avenue Junot.

Cette impasse présente des maisons de différents styles majoritairement construites en brique.

Villa Léandre, détail d'une façade, XVIIIème arrondissement

La plupart des maisons sont à pignons et peuvent nous faire penser à des chalets ou à des maisons de style anglo-normand.

Selon le PLU, les maisons de cette villa datent de 1926 soit l'année de l'ouverture de la voie.

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