samedi 30 mars 2013

Les passages couverts. Le passage des Panoramas, 1799 (7)



L'un des premiers

10, rue Saint-Marc / 11, boulevard Montmartre (75002). M° Grands Boulevards.


Il s'agit de l'un des tout premiers passages construit à partir du jardin d'un hôtel. Acquis par un certain William Thayer, ce passage a été, dès sa création, le lieu où l'on projetait des panoramas, divertissement très à la mode jusqu'en 1831, d'où le nom du passage.
Situé en plein cœur de la vie de la capitale, le passage des Panoramas abrite de nombreuses boutiques à la mode : une papeterie, la confiserie « À la duchesse de Courlande », magasin de thés et de chocolats (les Chocolats Marquis), une librairie, un gantier, magasin de jouets et un autre théâtre de M. Comte ! Une clientèle plutôt fortunée le fréquente. 
Son succès est dû à son emplacement stratégique et à une grande fréquentation tant la semaine que le week-end.
En 1817, le passage des Panoramas devient le lieu du premier essai de l'éclairage au gaz.
En 1834, des branches sont ajoutées : les galeries des Variétés et de Saint-Marc.


De nos jours, le passage garde toujours un certain charme, notamment par la présence du graveur Stern, du salon de thé, de « l'Arbre à Cannelle » (à la place du célèbre chocolatier Marquis) et d'une boutique pour philatélistes.


Le salon de thé, « l'Arbre à cannelle » est l'un des plus beaux établissements du passage. Au-dessus, on observe les plaques des boutiques du XIXème siècle, notamment le chocolatier Marquis.
Détail d'une plaque de l'ancienne boutique
Publicité des Chocolats Marquis, estampe de René Vincent, 1925

Panorama des boutiques

Restaurant avec sa façade ferroviaire
Le passage abrite encore le Théâtre des Variétés restant ainsi dans le même esprit qu'au XIXème siècle

Sa décoration


Du sol au plafond

Même si le sol laisse à désirer, le passage bénéficie d'une belle décoration.


Détail du sol
En revanche les fenêtres font plus belle figure

Les passages couverts. Le passage Jouffroy, 1847 (8)

L'élégant

10-12, boulevard Montmartre et 9, rue de la Grange Batelière (75009), M° Richelieu-Drouot.



Ce passage a également connu une grande renommée grâce à ses boutiques mais aussi parce qu'il est le premier passage à disposer du chauffage au sol. Beaucoup de cafés mais aussi une salle de bal, un petit théâtre de marionnettes et surtout, en 1860, le théâtre des  « Ombres chinoises Séraphin » ont également contribué à son succès.
À la fin du XIXème siècle, le passage était connu pour ses prostituées et ses restaurants. Cependant, l'attraction majeure du passage Jouffroy demeure le Musée Grévin dès 1882 avec son succès que l'on connaît encore aujourd'hui.



De nos jours, on peut admirer de belles boutiques.

« Le pain d’épices », magasin de jouets
Magasin de cannes
Un café
Tout le passage n'est pas si intéressant architecturalement parlant mais on remarque quand même une certaine élégance.

Sur la photo suivante, on distingue le Passage Verdeau qui met fin au triptyque « Panoramas-Jouffroy-Verdeau » des Grands Boulevards.




Les passages couverts. Le passage Verdeau, 1847 (9)

Le passage le plus discret

6, rue de la Grange-Batelière / 31 bis, rue du Faubourg-Montmartre (75009). M° Richelieu-Drouot. 
Le passage Verdeau est le dernier passage du trio « Panoramas-Jouffroy-Verdeau ».  Il porte le nom de l'un de ses fondateurs, Verdeau. 
Du fait de l'animation de la salle Drouot, très vite, des antiquaires se sont installés dans ce passage. 
L'horloge que l'on voit encore aujourd'hui – elles étaient deux à l'origine – date de l'ouverture du passage.




Un restaurant

Les passages couverts. Passage des Princes, 1860 (10)

Le plus clair

5, boulevard des Italiens / 97-99, rue de Richelieu (75002). M° Richelieu-Drouot.


Dernier-né des passages, le passage des Princes a été construit malgré les travaux du baron Haussmann. Dès son ouverture, il est fréquenté par les plus élégants de Paris. Une compagnie d'assurance sur la vie (devenue AGF) s'y installe en 1866 et restaure le passage appelé alors passage Mirès.

Fenêtre sous la verrière
Ce passage a été complètement détruit afin d'être reconstruit à l'identique en 1985. Il est ré-ouvert en 1994. On observe une verrière particulièrement claire comparé à l'ensemble des passages.

Carrelages


Détail de l'arc

Fronton en éventail donnant sur la rue de Richelieu

Une cour carrée est redessinée pour éclairer au mieux le passage


Satyre ornant l’entrée de la cour

Colonnade dorique de la cour

En 1930, une coupole en verre colorée est réinstallée

La coupole est d’époque Art déco


Le paradis des enfants

Aujourd’hui, le passage est envahi par un célèbre magasin de jouets : Joué Club. Le passage ferme derechef en 1998 pour être ré-ouvert en 2001 sous sa forme actuelle.

Les passages couverts. Passage du Bourg-l'abbé, 1828 (11)

Une architecture fine et élégante

120, rue Saint-Denis / 3, rue de Palestro (75002). M° Etienne Marcel. 

Auparavant plus long, le passage du Bourg-l'Abbé a été construit pour faire concurrence avec un autre passage, celui du Saucède (disparu en 1854 avec le percement de la rue de Turbigo) par Henri Blondel, auteur également de la Bourse du Commerce, située pas très loin de ce passage.
Son entrée est décorée de deux cariatides représentant l'allégorie de l'Industrie et du Commerce. L'inscription « Passage Bourg-l'Abbé » est écrit sur du marbre rose.
Le passage a été détruit en partie lorsque le boulevard de Sébastopol a été construit durant la période haussmannienne. Aujourd'hui bien restauré, le passage semble quand même un peu tristounet.










Décor mural vert

Petit lampadaire

Les passages couverts. Passage du Grand Cerf, 1835 (12)

Le plus haut

10, rue Dussoubs (ancienne rue Gratte-Cul) / 145, rue Saint-Denis (75002). M° Etienne Marcel.


Il s'agit du plus haut passage parisien avec ses douze mètres de hauteur. Il éblouit par sa clarté – alors que son voisin, le passage du Bourg-l'Abbé est beaucoup plus sombre. 
Ce passage a été construit près de l'hôtellerie du Grand-Cerf qui y tenait place avant la Révolution. Ce lieu abritait également le terminus de diligences. En 1862, le passage appartient à l'Assistance publique. Hélas, l'ascension des voies ferroviaires et la fin des diligences mit fin au succès de ce passage.
Pendant un siècle, le passage tombe en désuétude. En 1989, le groupe Arcade décide de le restaurer.
Entrée donnant sur la place Goldoni
On l’admire surtout pour sa verrière magnifique.



Sa décoration est de style néo-classique, sobre et simple.

Moulures antiques

Entrée de l'escalier

Les boutiques


Avant sa restauration, on y trouvait un restaurant espagnol bon marché, des magasins de jouets et des artisans.
De nos jours, on trouve plutôt des boutiques de créateurs de mode, des galeries d’art, un salon de thé, des antiquaires d’objets insolites et un coiffeur rock.




Enfin, ce passage, entre autres, dispose d’un site Internet qui lui est dédié.