dimanche 10 avril 2016

PARIS INVITE LE MONDE : Introduction

Ce thème qui m'a accompagné tout au long des années 2014 et 2015 n'est pas lié à celui de la Mairie de Paris qui avait nommé son magnifique feu d'artifice "Paris accueille le monde" le 14 juillet 2015. Ceci n'est qu'un pur hasard!

Cette année, j'ai cherché à découvrir comment les nations étrangères étaient représentées à Paris. Ce thème intéressera les amoureux de Paris qui souhaitent voyager à travers le monde dans la capitale et ses environs.

J'ai d'abord commencé par voir comment le monde était représenté de manière allégorique. Pour continuer, un chapitre entier est consacré à la Cité universitaire, un autre aux bâtiments officiels. Dans ce thème sont également abordées les cultures qui ont pu plaire à la société parisienne au fil des siècles : l’Égypte et l'Asie notamment. Nous verrons également, les vestiges des expositions universelles sans oublier l'évocation des traces du passé colonial. Enfin, nous finirons par un faire un petit tour du monde en métro.

Pour aborder ce thème, j'ai visionné l'émission Des Racines et des Ailes (Patrick de Carolis) intitulé "Paris rétro, Paris insolite" diffusée le 02/04/2014 sur France 3. Le livre Le monde à Paris du collectif Louis SIMO, Serious Guide (2009) a été ma principale source. J'ai également utilisé La Cité internationale universitaire de Paris de Brigitte BLANC (2013), la base Mérimée ainsi que le site Wikipedia tout en vérifiant les sources comme d'habitude. Au fur et à mesure, j'indiquerai d'autres sources (documentation, sites Internet officiels...).

Je vous souhaite un bon voyage!

PARIS INVITE LE MONDE: Allégories et symboles

Fontaine des Quatre Parties du Monde

Fontaine des Quatre Parties du Monde, avenue de l'Observatoire et place Camille-Jullian, VIe arrondissement.
En vous promenant, avenue de l'Observatoire, à deux pas du jardin du Luxembourg, vous remarquerez certainement une imposante fontaine où l'on voit quatre personnages portant un globe terrestre entourés d'animaux équestres et aquatiques.

Selon le site Internet du Musée d'Orsay (qui possède une réplique sans les animaux), cette fontaine aurait été commandée par le baron Haussmann qui fait alors appel au sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux en 1867.
Selon l’œuvre de Jacques BAROZZI, Paris de fontaine en fontaine (2010), chaque personnage représente un continent : l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique. L'Océanie n'a pas été représentée pour des raisons de symétrie... nous précise l'auteur de cet ouvrage.

Détail de la fontaine des Quatre Parties du Monde.
Si l'Asie est représentée par une femme à la longue natte (voir la photo ci-dessus), l'Amérique est représentée par une femme portant des plumes sur la tête (photo ci-dessous).

Détail de la fontaine des Quatre Parties du Monde.
Le personnage situé à gauche de la photo ci-dessus qui symbolise le continent africain porte une chaîne brisée à la cheville. Cette chaîne brisée est écrasée par le personnage américain. Selon le site du célèbre musée, il s'agirait d'un clin d’œil à l'abolition de l'esclavage aux États-Unis.

Les Six Continents

L'Europe, d'Alexandre Schoenwerk.
Le parvis du Musée d'Orsay (62, rue de Lille, VIIe arrondissement) regorge de sculptures dont certaines sont issues de l'Exposition universelle de 1878. Autrefois, ces sculptures étaient placées devant le Palais du Trocadéro (aujourd'hui disparu). Depuis les années 1980, ces allégories ornent le parvis du Musée d'Orsay qui expose notamment d'autres œuvres de ces sculpteurs.

Un chapitre tout entier est consacré aux Expositions universelles, je vous recommande vivement d'y jeter un œil si vous voulez en savoir plus sur ce type d'événement.

Parmi ces sculptures figurent les Six Continents. Chaque sculpture incarne un continent. Cette fois-ci, ce sont les six continents qui sont représentés.
L'Europe (photo ci-dessus) est représentée de manière classique, telle une héritière du style gréco-romain.

L'Amérique du Nord, d'Ernest-Eugène Hiolle.
L'Amérique du Sud, d'Aimé Millet.
Sur cette série de sculptures, on fait la distinction entre l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud.
Celle de l'Amérique du Nord rend hommage aux hommes qui ont fait l'Histoire des États-Unis (Washington, Lafayette, Franklin et Jefferson). Quant à celle représentant l'Amérique du Sud, on peut lire une liste de pays appartenant à ce continent ainsi que des fruits symbolisant leurs richesses.

L'Asie, d'Alexandre Falguière
La sculpture qui symbolise l'Asie est un personnage tenant dans sa main droite deux statuettes représentant deux petits personnages bouddhiques. Un éléphanteau se distingue au second plan.

L'Océanie, de Mathurin Moreau.
L'Océanie est représentée par un personnage accompagné d'un kangourou.

L'Afrique, d'Eugène Delaplanche
L'Afrique est représentée par un personnage tenant une corbeille de fruits et posant avec une tortue.

Ces six sculptures allégoriques sont bien évidemment des clichés et donnent aux spectateurs une image que l'on pouvait se faire de ces peuples au XIXe siècle.

Allégorie des Cinq continents

Détail de la façade de la Société Générale située 6, rue de Sèvres, VIe arrondissement.
Au 6, rue de Sèvres, dans le VIe arrondissement, on remarque la présence d'une mosaïque représentant des portraits symbolisant les cinq continents.

Détail de la mosaïque.
Une fois de plus, nous avons affaire à des clichés. Selon le site Structurae, l'immeuble daterait de 1902 et la mosaïque de Gian-Domenico Facchina ; toutefois, cette base de donnée n'étant pas une source officielle, il est difficile par conséquent d'attester ces informations.

Bourse de Commerce

Pour clore le chapitre sur les symboles, j'ai choisi de vous montrer la coupole de la Bourse de commerce située au 2, rue de Viarmes dans le Ier arrondissement. Ce n'est pas l'édifice qui nous intéresse mais plutôt les 1400 m² de peinture murale qui entoure la verrière de 1889.

Lorsqu'en 1886, Henri Blondel décide de restaurer l'édifice, il fait appel à cinq peintres pour illustrer le commerce entre les continents.
J'ai puisé l'essentiel de ces informations sur la brochure de la Chambre de Commerce et de l'Industrie de Paris Île-de-France. Pour compléter, je vous suggère de cliquer sur les liens hypertextes qui vous mèneront directement vers Wikipedia.

L'Amérique

Détail du panneau représentant l'Amérique

Détail du panneau représentant l'Amérique

Il était difficile de montrer tous les aspects de ce panneau en une seule photo. Je vous propose de commencer par la première qui représente une locomotive en second plan. Le choix du peintre Evariste-Vital Luminais est dû à une volonté de montrer une Amérique moderne et industrialisée. En outre, sur les deux photos, on retrouve un panorama des civilisations : Noirs, autochtones et cow-boys.

La Russie et le Nord

Détail du panneau représentant la Russie
Au premier plan, on distingue des personnages sur un marché de poissons sous la neige. À l'arrière, on devine la présence d'un port. Bien que représentant la Russie, Désiré-François Laugée se serait inspiré du port de Rouen.

L'Asie et l'Afrique

Détail du panneau représentant l'Afrique
L'auteur des panneaux que l'on voit ici est Victor Georges Clairin, peintre à « tendance orientalisante » — l'orientalisme est très en vogue à l'époque où cette fresque a été réalisée.

Sur la photo ci-dessus, on observe des marchants de tapis et leurs clients occidentaux.

Détail du panneau représentant l'Afrique
Sur la deuxième photo consacrée à ce panneau, l'Afrique noire est clairement mise à l'honneur. Au second plan, on remarque la présence du drapeau français. Ce drapeau symboliserait l'appartenance de l'Afrique du Nord et de l'Afrique noire en tant que colonies.
Détail du panneau représentant l'Asie
Au premier plan, on distingue des personnages aux costumes traditionnels asiatiques. L’auteur a voulu refléter ici la Chine et le Japon. À droite, des personnages enturbannés évoquent l'Inde.

Sur le thème consacré à l'Afrique et à l'Asie, on remarque pour chaque partie du continent la présence d'Occidentaux, les « colons ». De par cette présence, on peut en déduire que cette fresque est une sorte de vitrine de la colonisation.

L'Europe

Détail du panneau représentant l'Europe
C'est à Hippolyte Lucas que l'on doit cette réalisation. Celle-ci montre au premier plan, des paysans assis sur du blé et autres richesses agricoles. En outre, la Ville de Paris est représentée par son symbole (le bateau blanc sur fond rouge et bleu tout près du bébé). Au second plan, on aperçoit des usines et les câbles du téléphone qui symbolisent l'industrialisation.

Dans son ensemble, cette peinture murale reflète avant tout l'industrialisation et les liens commerciaux entre les différents continents. Cette peinture murale reflète également l'esprit colonial en cette fin du XIXe siècle. Les Occidentaux sont vus comme des personnes qui puisent beaucoup de leurs richesses dans leurs colonies.

PARIS INVITE LE MONDE: La Cité internationale universitaire


Entrée de la Cité universitaire vue depuis le pavillon administratif.

Le tour du monde en 40 maisons

Saviez-vous qu'il était possible de voyager en une après-midi dans la capitale à proximité du parc Montsouris? À la Cité universitaire internationale, vous trouverez moult pavillons de différents styles où chaque maison reflète l'identité culturelle d'un pays.

Administration de la Cité universitaire (1936).

Quelques années après la Première Guerre mondiale, un projet de regroupement international et pacifiste commence à germer. En 1921, André Honorat alors ministre de l'Instruction publique décide de construire un foyer pour rapprocher les étudiants des nations qui ont été en guerre peu de temps auparavant.

Dans le thème consacré à l'Art déco, on a pu voir que dans les années 1920, une crise du logement avait engendré une série de constructions dans la périphérie de la capitale. Ce qui explique son emplacement au bord de la ville. Dès les premières constructions, on conçoit en même temps, des espaces verts ainsi que des équipements sportifs (un stade, un terrain de football, basket…).
L'idée est de permettre aux étudiants méritants de bénéficier d'un logement décent, dans un cadre sain et aéré.
Pour ce chapitre, j'ai consulté le livre de Brigitte BLANC La Cité internationale universitaire de Paris (2013), le site Internet de la Cité universitaire et en consultant la base Mérimée.

Le bâtiment principal (photo ci-dessus) est l’œuvre de l'Américain Jean-Frédéric Larson qui s'inspire ici du style français, selon le site Internet de la Cité.

La Fondation Deutsch de la Meurthe, 1925

L'une des façades de la Fondation Deutsch de la Meurthe.

La Fondation Deutsch de la Meurthe se compose de divers bâtiments dont un qui pourrait faire penser à une église avec son beffroi (photo ci-dessous).

Pavillon au beffroi la Fondation Deutsch de la Meurthe.

Selon l’œuvre de Brigitte BLANC La Cité internationale universitaire de Paris, cette fondation porte le nom du mécène qui a financé cette construction. Pour cela, Deutsch de la Meurthe fait appel à un architecte dont il est proche, nous explique la base Mérimée, un certain Lucien Bechmann.


Tourelle d'angle.


Autre pavillon de la Fondation Deutsch de la Meurthe.


Façade avec bow-windows.
Se balader autour de ces pavillons nous donne l'impression d'être en Angleterre avec ses façades de briques dignes des pavillons de Cambridge ou d'Oxford!
Le modèle anglo-saxon aurait explicitement été souhaité par les créateurs de la Cité nous dit la base Mérimée. Ces chefs d’œuvres d'urbanisme sont classés monuments historiques.


L'historique des maisons sont consultables sur le site Internet de la Cité universitaire.

Les maisons européennes

Pavillon espagnol (Colegio de España), 1932

Détail du collège d'Espagne
De style classique, le pavillon espagnol s'inspirerait du palais de Monterrey à Salamanque.

Pavillon belgo-luxembourgeois (Fondation Biermans-Lapôtre), 1927

Façade de la Fondation Biermans-Lapôtre

Ce pavillon ne laisse pas inaperçu de par son aspect massif et imposant. La façade et son fronton sont typiques des immeubles belges (voire du Nord) avec ce mélange de brique, d'ardoise (cf. les tourelles) et de pierre.

Détail de la Fondation Biermans Lapôtre
Sur le site de la Cité, on apprend qu'un couple de mécène — les Biermans-Lapôtre — décident de construire ce pavillon dédié essentiellement aux étudiants Belges et Luxembourgeois. Cette particularité fait qu'administrativement la Fondation Biermans-Lapôtre est gérée par l'ambassade de Belgique.

Fondation danoise, 1932

Façade de la fondation danoise
En remontant vers le Nord de l'Europe, on croise ce petit pavillon (le plus petit de la Cité) conçu pratiquement à la naissance de la Cité par un certain Kaj Gottlob grâce au mécénat d'un industriel. Son style architectural est fidèle à l'esprit scandinave.

Fondation hellénique, 1932

Fondation hellénique
Descendons vers le Sud où l'on croise le pavillon grec. Son aspect nous fait penser immédiatement à l'Acropole d'Athènes.

L'une des façades de la Fondation hellénique
Avec son fronton triangulaire et ses colonnes ioniques, la Fondation hellénique reflète le passé antique de la Grèce.

Détail de la Fondation hellénique
On observe la présence d'une frise bleue sur laquelle sont inscrits les noms des hommes qui ont marqué l'histoire culturelle de la Grèce.

Fondation suisse, 1933

Façade de la fondation suisse
La fondation suisse a la particularité de ne pas refléter son pays si ce n'est… la modernité. Ce pavillon inauguré en 1933 est l’œuvre de Le Corbusier, l'un des pionniers du modernisme. Dans le thème consacré à l'Art déco, on a vu que le modernisme commençait à s'affirmer dans les années 1930. Ce pavillon incarne les balbutiements du style de Le Corbusier qui débute encore sa carrière. À droite de la photo ci-dessus, on remarque la présence de piliers qui soutiennent la « barre » comme on le verra plus tard avec sa Cité radieuse.

Maison de Norvège, 1954

Façade de la Maison de Norvège

Ce pavillon entièrement composé de briques rouges reflète le style scandinave.

Entrée de la Maison de Norvège
Le site Internet de la Cité universitaire nous apprend qu'outre les étudiants norvégiens, la Maison de Norvège accueille des étudiants d'Afrique ou d'Asie. Enfin, cette maison aurait obtenu la distinction de « Pavillon important du 20e siècle ».

Maison Heinrich Heine (Fondation de l'Allemagne), 1956

Façade de la Maison Heinrich Heine
Quand est inaugurée la Maison Heinrich Heine en 1956, on célèbre pour la première fois l'Allemagne depuis la fin du conflit mondial. Cet édifice est l'œuvre de Johannes Khrahn qui décide d'associer le verre avec du béton et de l'acier, c'est alors l'une des maisons les plus modernes de l’époque et de la Cité.

Maison de l'Italie, 1958

Façade de la Maison de l'Italie cachée derrière les sapins
Tout comme la maison allemande, la Maison de l'Italie n'a vu le jour que dans les années 1950 en raison du contexte politique.

Porche d'entrée de la Maison de l'Italie
Selon le site Internet de la Cité, le porche d'entrée daterait du XVe siècle.

Détail de la Maison de l'Italie
Sa loggia couverte d'arcades nous fait penser à l'antiquité romaine.

Maison des étudiants suédois, 1931

Maison des étudiants suédois
La Maison des étudiants suédois présente un air de manoir du XVIIIe siècle.

Détail de la Maison des étudiants suédois
Avec ses volets bleus, la maison reflète parfaitement le style suédois.

Détail de la Maison des étudiants suédois

Pour finir sur cette maison, on remarque la présence d'un détail des armoiries suédoises.


Maison du Portugal - André de Gouveia, 1967

Maison du Portugal - André de Gouveia
La Maison des étudiants portugais a été financée par la fondation Calouste Gulbenkian (institut culturel portugais à Paris). En 1974, cette résidence est rebaptisée Maison du Portugal - André de Gouveia du nom de humaniste de la Renaissance qui avait permis en son temps de financer les étudiants qui souhaitaient étudier à l'étranger selon Wikipedia (les sources ne sont toutefois pas citées).

Collège franco-britannique, 1937

Collège franco-britannique

Des fonds publics (la République française) et privés (un couple de mécènes) ont permis la construction de ce pavillon censé refléter l'amitié franco-britannique.

Autre façade du collège franco-britannique
Avec ses briques rouges et la forme de ses fenêtres, on peut parler ici de style typiquement anglais.

Fondation de Monaco, 1937

Détail de la Fondation de Monaco
Le site Internet de la Cité nous apprend que c'est suite à la volonté du prince Pierre de Polignac qu'a été érigé ce pavillon. L'emplacement de cette fondation fait qu'il est difficile de la photographier dans son ensemble. Il est vivement conseillé d'y aller faire un tour ! Sa construction est de style classique alors que son architecte, le monégasque Julien Médecin était surtout connu pour son style Art déco.

Maison des Provinces de France, 1933

Maison des Provinces de France
La construction de la Maison des Provinces de France est fortement liée au contexte historique. En effet, au moment où l'on conçoit la Cité universitaire, on évoque un lieu consacré aux étudiants venus d'Alsace redevenue française en 1918. Des mécènes alsaciens, puis d'autres régions vont élargir l'accueil d'étudiants originaires d'autres régions. Ce pavillon accueille encore de nombreux étudiants d'outre-mer notamment.

Les maisons américaines

Après la visite du vieux continent, je vous emmène en Amérique.

Fondation des Etats-Unis, 1930

Fondation des Etats-Unis
La Fondation des États-Unis est classée monument historique notamment pour sa façade et son grand salon nous dit la base Mérimée. Son style Art déco est l’œuvre de Pierre Émile Leprince-Ringuet.

Maison des étudiants canadiens, 1926

Maison des étudiants canadiens
Ce pavillon est l’œuvre de l'architecte français Émile Thomas et du canadien Georges Vanier. La construction de cet édifice est financée par des mécènes sur plusieurs générations.
L'édifice original date des années 1920. En 1968, en 1984, puis en 2005, la maison a subi de grandes transformations, notamment sur la façade. Je vous laisse comparer l'ancienne photo sur le site de la Cité Universitaire avec celle-ci.

Les maisons d'Amérique Latine

Maison du Mexique, 1953

Maison du Mexique
Dans les années 1950, les frères Medellin, architectes, ont conçu une barre horizontale pour accueillir les étudiants, puis une barre verticale pour les étudiantes nous apprend le cite Web de la Cité.

Frise murale de la maison du Mexique

Sur l'une de ses façades, une frise murale faisant référence à la civilisation Maya est tout à fait remarquable.

Détail de la frise murale


Fondation Rosa Abreu de Grancher / Maison des étudiants cubains, 1933

L'une des façades de la Fondation Abreu de Grancher

La maison des étudiants cubains porte le nom de ses mécènes. Le style architectural rappelle celui des colons espagnols.

Autre façade de la Fondation Abreu de Grancher

La maison du Brésil, 1959

Maison du Brésil
Cette œuvre moderne est le résultat de la collaboration de deux architectes : Lucio Costa et du Corbusier. Ce style colle parfaitement aux transformations architecturales brésiliennes à cette époque, c'est-à-dire la construction de bâtiments de style « moderne » (appelé aussi « international ») dans sa capitale Brasília.
Le site Wikipedia nous apprend que cette maison a été classée monument historique, cette information est confirmée par la base Mérimée.

Maison de l'Argentine, 1928

Maison de l'Argentine
Cette réalisation est l’œuvre de deux architectes français Bétourne et Fagnez, et d'un Argentin, Tito Saubidet.

Détail de la maison d'Argentine
Cette collaboration est affichée à travers les deux drapeaux sur sa façade. Selon le site Internet de la Cité universitaire, des tuiles espagnoles ornent l'entrée dotée de colonnes typiquement argentines.

Les maisons du continent africain

La maison de la Tunisie, 1953

Calligraffiti d'El Seed
La maison de la Tunisie est née avant son indépendance (en 1956) et apparaît sous la forme d'une architecture moderne qui reflète bien le style des années 1950.

Le plus intéressant sur cette façade est l'ajout en 2013 de l'inscription du graffeur El Seed — que l'on connaît notamment pour sa Tour 13 — où l'artiste a calligraphié quelques vers du poème intitulé La volonté de vivre du poète Abou el Kacem Chebbi :

« L’ambition est la flamme de la vie et l’essence de la fortune
si les êtres aspirent à la vie, le destin ne peut qu’obéir »

L'artiste a cherché à illustrer le lien qui existe toujours entre l'Orient et l'Occident, ce qui correspond parfaitement à l'état d'esprit pacifiste de la Cité universitaire (sources : le site Web de la Cité universitaire).

Maison du Maroc, 1953

Maison du Maroc
C'est à l'initiative de Mohamed V qu'est édifiée la maison du Maroc. L'architecture est moderne et typique des années 1950.

Détail de la maison du Maroc
Lorsque la maison du Maroc fait l'objet de rénovations en 1982, on y introduit un patio à l'aspect plus traditionnel (photo ci-dessus).

Fondation Lucien Paye, 1951

Façade de la Fondation Lucien Paye
À l'origine, cette résidence avait été édifiée pour recevoir les étudiants d'outre-mer. Lorsque d'anciennes colonies d'Afrique noire sont devenues indépendantes, la résidence a eu alors pour vocation d'accueillir les étudiants des anciennes colonies françaises. Ainsi, en 1972, la résidence est baptisée Fondation Lucien Paye, du nom du ministre de l’Éducation Nationale et représentant de la France au Sénégal ; cet homme politique est connu notamment pour avoir contribué à la création d'universités en Afrique.

Détail de la Fondation Lucien Paye
Le plus intéressant de la façade est sa décoration, plus particulièrement les bas-reliefs du sculpteur Anna Quinquaud. Selon Wikipédia, cette artiste aurait beaucoup voyagé notamment en Éthiopie dont elle s'est inspirée.

Détail de la Fondation Lucien Paye
Détail de la Fondation Lucien Paye

Des piliers du sculpteur Pierre Meauzé complètent la façade de cette résidence.

Détail de la Fondation Lucien Paye

Les maisons d'Asie

La maison du Liban, 1965

Maison du Liban

Cette résidence est aussi marquée par sa modernité. Parmi ses mécènes, on trouve la Fondation Gulbenkian (fondation à vocation artistique et culturelle située au Portugal par un industriel Arménien !).

Détail de la maison du Liban avec son drapeau


Maison des étudiants arméniens, 1930

Façade de la maison des étudiants arméniens
Inaugurée quinze ans après le génocide arménien de 1915, cette résidence a eu dès le départ pour vocation de reconstituer une élite arménienne.
Son style rappelle l'architecture religieuse du pays.


La maison du Japon, 1929

Maison du Japon
La maison du Japon fait partie des premières résidences étudiantes de la Cité universitaire.
L'étroitesse du lieu a obligé l'architecte Pierre Sardou a construire l'édifice tout en hauteur. Ce qui n'empêche pas de rester fidèle au style nippon.

Lanterne japonaise
Tout l'esprit japonais y est, y compris la lanterne qui figure à l'entrée de la résidence.

Maison du Cambodge, 1957

Détail de la façade d'entrée du pavillon

La maison du Cambodge a été inaugurée en 1957 peu de temps après son indépendance. Cette résidence a été financée par le gouvernement cambodgien.

Sculpture
Le pavillon est doté de sculptures en granit.

Sculpture
Dans les années 1970, la maison du Cambodge ferme ses portes pour des raisons politiques. Dans les années 2000, on décide de sa réouverture. Un article du Parisien* nous précise qu'un drame avait eu lieu suite au coup d’État de 1970. Les étudiants étaient alors divisés. Par conséquent, la résidence a dû fermer ses portes et a été laissée à l'abandon. En 2001, la réouverture de la résidence est planifiée, toutefois, les coûts de restauration du bâtiment restent à la charge de la Ville de Paris — le Cambodge demeure encore un pays pauvre. De ce fait, l'administration de cette résidence reste française et accueillerait seulement une vingtaine de résidents Cambodgiens sur les 175 chambres dont dispose la résidence. Ce qui est rare puisque les maisons sont pour la plupart financées par l’État qu'elles représentent.

* Article de Julie Cloris, Le Parisien daté du 5 mars 2004.

Maison des étudiants de l'Asie du Sud Est, 1930

Vue d'ensemble de la maison des étudiants de l'Asie du Sud Est

La résidence a été construite en 1930, sous le nom de « Maison de l'Indochine ».
L'une des façades de la maison des étudiants de l'Asie du Sud-Est

Les toits sont typiques de l'ancienne Indochine nous précise le site Internet de la Cité universitaire.

Rampe d'escaliers de maison des étudiants de l'Asie du Sud-Est
La rampe d'escaliers de la résidence constitue une sculpture représentant un dragon fidèle au style asiatique inspiré du palais de Hué (palais de l'ancienne capitale du Vietnam).

Maison de l'Inde, 1968

Maison de l'Inde
Vue de l'extérieur, rien ne semble évoquer l'Inde. Néanmoins, la résidence est l’œuvre de deux architectes indiens, M. Benjamin et H.R Laroya.

Autre façade de la résidence
La maison a été agrandie pour accueillir plus d'étudiants en 2013 (photo ci-dessus).


Épilogue


Voilà pour l'essentiel de la Cité universitaire. Sachez que la Fondation Avicenne (ancienne maison d'Iran) existe toujours mais cette maison n'accueille plus d'étudiants. Enfin, le Collège néerlandais, classé monument historique, est fermé pour travaux (en 2015).


La Cité universitaire est un lieu vraiment unique et sa visite en vaut vraiment la peine. Une bonne après-midi et de bonnes chaussures suffisent pour visiter l'essentiel. Si l'on veut aller plus loin, pourquoi ne pas profiter des journées portes ouvertes ou des Journées Européennes du Patrimoine pour voir à quoi ressemble l'intérieur?